Adieu

Tout au long de notre vie, on fait des choses. Certaines dont on est fier et d’autres que l’on regrette.
Pourquoi d’ailleurs faut-il que l’on se focalise sur les choses que l’on regrette, encore et encore.
Bruno dit « c’est comme ça, on ne peut pas revenir en arrière ». Bruno, il a ce pouvoir d’expliquer et de comprendre les choses avec beaucoup de lucidité. Il n’a pas besoin d’avoir ou  de donner des explications tordues de psy à 2 balles qui embrouillent l’esprit. Il est juste et droit et il a cette faculté de comprendre les gens. Quelquefois je n’ai pas voulu l’écouter, ou j’ai pensé qu’il se trompait mais c’est toujours moi qui me trompait. C’était comme il avait dit…
J’aimerai pourtant avoir ce pouvoir de revenir en arrière quelquefois. Mais on n’a pas ce bouton magique « return » comme il existait sur nos magnétophones. De bouton « effacer » même. Alors pas d’autre choix que de tirer des leçons des erreurs commises.
Mais une vie c’est tellement vite passée et qu’en reste-t-il?


Pour celui qui s’en va, la seule chose qui reste et qui continuera de vivre même sans lui, c’est la famille et surtout les enfants.
Pour celui qui reste, ce sont tous les souvenirs d’une vie et évidemment les enfants qui sont le résultat de l’union, de l’amour et de la force des parents. Nos enfants sont une partie de nous. Avec leur individualité mais une partie de nous, quoi qu’il arrive.
On prend conscience de l’importance de certaines choses quand on se retrouve confronté à la situation. Les petits mots, les gestes, les intentions lors du départ d’un proche sont décriptés dans le moindre détail:
-Il a mis un joli mot
-Oh il est venu, que c’est gentil!
-Elle n’a même pas appelé…
-Je ne les ai pas vu, ils étaient là?
-Il n’a même pas envoyé un message
-Ils auraient pu mettre un mot plus personnalisé
-Ils étaient tous là, c’est vraiment gentil.
Etc etc…
Ce n’est pas très important en soi mais ça prend des proportions disproportionnées… à cause de l’émotion et de la fatigue sûrement.

Georges, le papa de Bruno, s’en est allé le 18 mai. Fatigué par toutes les souffrances de ce foutu cancer endurées pendant ces derniers mois.
Nous avons été tous là. Parce que la famille, ça sert à ça. Il a eu droit à un bel  Aurevoir je trouve.
Pour la maman de Bruno, ce sera difficile de combler l’absence. D’autant plus difficile qu’elle n’a  pas envie de la combler.
On ne se rend pas toujours compte, quand on est deux, de l’importance de l’autre quand il est là. Il nous aide à penser, à réfléchir, à supporter des situations insupportables. Moi je sais que sans Bruno, il y a bien des choses, bien des mots et des humiliations que je n’aurai pas supportés. On pense même souvent qu’on fait ça réellement tout seul tellement ça coule de source. Mais quand l’autre s’en va, il semble que c’est comme si notre propre capacité d’agir était parti avec lui.
Une vie, c’est tellement vite passée.

 

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