Alléluia

C’est bientôt la sortie du beaujolais nouveau.
Tant attendu, tant décrié.
Moi, je l’attends, je ne le décrie pas!
Le millésime 2015 a été plutôt cool au printemps et en été. Il faisait chaud et sec. Si on avait un soupçon d’intelligence, on a pu faire une sacré économie sur les produits de traitement, sur les désherbants (c’était l’année ou jamais) et sur les travaux du sol et tonte de l’herbe.

Mais le millésime s’est vengé à la cave!

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Dans notre cave en tout cas! (et dans la cave de nombreux vignerons si j’en crois les différents témoignages que j’ai pu avoir…!)
On avait pourtant le raisin rêvé. Avec un équilibre parfait.
On faisait même analyser quelques raisins avant les vendanges et on était plutôt satisfaits, même si on n’avait jamais vraiment vu ça au mois d’août…
(Il faut dire que d’habitude, on a des PH bas, des Acidité Totales élevées et des degrés autour de 11, et cela ne pose aucun problème. Au contraire, ça se passe plutôt très bien. La routine quoi! Alors je ne sais pas pourquoi on se réjouissait d’avoir des raisins bien équilibrés…! On était fier mais on y était pour rien!)

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Alors on décidait de vendanger dans la joie et la bonne humeur!

Et puis c’est là que tout a commencé…
Le malique avait foutu le camp sans rien dire à personne.
Les malo (quand il y avait un peu de malique), avaient le feu aux fesses.
Le raisin à peine rentré, les fermentations malolactiques étaient terminées.

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Et nous voilà parti pour des longues semaines de pur bonheur! A surveiller les densités matin, midi et soir (un p’tit peu l’après midi aussi). A surveiller que les fermentations alcooliques se passent bien. Il fallait que les sucres baissent. Et rapido!
Bruno a adapté ses vinifications. Des macérations plus longues. Des pigeages… (levurages, SO2, rajout de malique… non je plaisante!!).
On fait des vins natures. C’est pas pour de faux! Mais pour le coup, on se demandait si c’était vraiment bon pour nos nerfs.
L’oenologue a pas mal joué avec nos nerfs aussi. Avec des volatiles tantôt hautes et tantôt basses sur la même cuve. On ne savait plus où on en était.

Alors j’ai décidé de prendre la parole. J’ai dit à Bruno: « si tu n’avais pas d’oenologue et que tu te fiais seulement à tes densités et tes dégustations, tu trouverais que tout va bien, n’est ce pas? » Evidemment. On trouvait que ça goûtait d’la balle. Et puis les sucres descendaient même si l’oenologue ne trouvait pas comme nous!

Alors voilà! On a levé le pied sur les analyses. Ce n’est pas un millésime à analyser!

Les Beaujolais Villages Nouveaux sont en bouteilles et l’analyse finale est plutôt satisfaisante.
Mais on s’en fiche de l’analyse, c’est le goût qui compte non?

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On a encore des cuves qui se terminent doucement. On n’est pas totalement détendus mais ça ne saurait tarder!

Je me suis démenée à faire en sorte que Bruno relativise, dédramatise, positivise.
Que si ça partait tout en vinaigre, j’irais démarcher Amora. Que c’était pas grave…! (en réalité, j’étais morte d’inquiétude. Putain notre réputation était en jeu!).

On en rira dans quelques mois. Quand on dégustera ce millésime d’exception.
Parce que, oui, maintenant, je peux le dire: c’est un millésime d’exception.

Alleluia

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