Bon ou mauvais, l’essentiel c’est de participer!

Vous connaissiez la différence entre le bon et le mauvais chasseur?
Maintenant on connaît aussi la différence entre le bon et le mauvais caviste.

Alors je voudrai vous expliquer la différence entre le bon et le mauvais vigneron!

Le bon vigneron il s’occupe de sa vigne, de ses raisins pour faire du vin.
Le mauvais vigneron, il s’occupe de sa vigne, de ses raisins… pour faire du vin.

Alors vous me direz: « oui mais le bon vigneron, lui, il fait du bon vin! ».
Ouais.
Mais c’est quoi du bon vin?
Et ben voilà!
Je ne sais pas moi!
Parce que j’ai une fâcheuse tendance à aimer les vins qu’il ne faudrait pas!
Alors le bon vin… ça dépend de qui vous en parle!

Tout pareil pour la vigne.
Y a en qui trouve que le bon vigneron c’est celui qui n’a pas d’herbe qui poussent dans ses vignes.
Quand c’est propre, c’est plus joli, ça fait sérieux et pas fainéant.

Y en a qui trouve que le bon vigneron c’est celui qui a plein d’herbe dans ses vignes (ou un peu mais pas trop pour pas faire fainéant non plus!). Parce qu’il prend soin de la nature et de sa santé. A ce qu’il dit.

Bref, on est forcément le bon ou le mauvais vigneron de quelqu’un.

Et on trouve des vignerons de toutes sortes: des vignerons conventionnels, des bio, des biodynamistes, des natures pas bio, des natures bio, des natures biodynamistes, et même des conventionnels bio natures (ça existe, j’en ai vu circuler!).

Mais on veut les mettre dans des cases tous ces vignerons.
Les conventionnels à droite, les bio à gauche.
C’est mieux pour les repérer.
Les conventionnels en talon aiguille Chanel, les bio en vieilles sandales de cuir acheté chez l’artisan du coin.
Bref, tout ça me gêne un peu.
Oui.
Moi je veux pouvoir être libre (même si on l’est jamais tout à fait!), aimer ce que j’aime vraiment.
Pas aimer parce qu’on doit l’aimer. Pas aimer parce qu’on est dans une certaine case qui nous empêcherait d’aimer certaines choses et qui nous imposerait d’en aimer d’autres…

On explique aux gens que le vin, c’est aussi la diversité, que le vin nature est libre, vivant… et nous autres, vignerons, on ne le serait pas? libre et vivant?
Merde alors!

Avec tout ça, vous ne savez toujours pas ce que c’est qu’un bon vigneron?
Moi non plus?!
Ou enfin si… j’ai ma petite idée mais c’est pas très viticulturellement correcte… alors je la garde un peu pour moi!
Bon courage!

Buvez bon, aimez votre vigneron, faites lui confiance et tout se passera bien!


Voici un petit aperçu de la maturité des vignes à Vauxrenard.
J’veux du soleil!

3 Commentaires

    1. C’est assez difficile de défendre des vins sans intrants et je comprends les vignerons qui peuvent avoir recours à quelques aides extérieures… J’en ai un peu marre des conseils du mec qui n’a jamais fait poussé un raisin et qui n’a jamais fait de vin mais qui nous explique comment faut faire pour faire bien! On fait tous du mieux qu’on peut. Chacun se fixe ses limites. Pour certains, elles sont extrèmes et va falloir l’expliquer des milliers de fois, pour d’autres elles le sont moins et il dormira sans doute un peu mieux…
      Quand on ne filtre pas les vins ni qu’on les sulfite ni levure d’ailleurs, et que ça fait l’huile, certains clients auraient aimé qu’on l’eût fait… Pour avoir toutes les qualités des vins natures sans en avoir quelques inconvénients.
      On n’est pas réputés pour avoir des vins d’humeur très stables (comme moi!), j’en ai conscience. C’est notre choix.
      Mais s’il faut analyser chaque vin pour savoir ce qu’il y a dedans… ça devient un peu compliqué. Et puis faut pas demander aux vignerons plus qu’on est capable de faire soi même… non?
      Moi je veux faire des vins que je peux boire, c’est tout.
      Chacun doit faire de même, mais on ne boit pas tous les mêmes choses!
      ni ne mangeons d’ailleurs…
      Merci de ce commentaire pertinent qui devait sans doute viser ou accuser quelqu’un.

  1. C’est une excellente approche ! Je te félicite et je rejoins à 100%. Je ne trouve rien de pire que l’étiquette ! le vin de riche …le vin de pauvre ! Bin voyons pourquoi pas le vin branché contre le vin bio , ou le vin de femmes contre le vin de mecs !
    D’ailleurs la bouteille carafée ou bien cachée, celle qui n’ a pas encore d’ histoire , celle sans étiquettes mais qui donne un élixir de bonheur est tellement divine C’est cette bouteille dans son plus grand anonymat et uniquement celle là que chaque amateur devrait choisir s’il était honnête avec lui-même. Il est si facile d’aimer le vin que l’on a envie de boire pour s’en régaler !
    Mêmes le plus petit des initiés aux vins est totalement capable de dire j’aime où je n’aime pas d un vin et de murir avec le temps son propre jugement jusqu’à le démentir plus tard de son propre inverse.
    L’important est de boire et de partager le vin qu’on aime je dirai même en dehors de l’idée de son prix ! bah je sais que le prix de ceux qu’on aime tous les deux même à l’aveugle n’est jamais un cadeau mais tant pis ou moins, on connaît les vins qu’on aime et je lève mon verre de Grenouilles à ta bonne santé et à ton fort bon discernement.

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