Je t’aime en novembre

Il est des habitudes que l’on aime bien, qui rassurent et qui font que notre vie est ce qu’elle est. Et on n’a pas envie que ça change quite à passer pour des vieux cons.
Il en est d’autres qui deviennent récurentes et dont on se passerait bien!

Le mois de novembre approchant (vous voyez vraisemblablement où je veux en venir…), on commence à lire et à entendre des choses plus ou moins (surtout moins) agréables concernant notre belle région et ce qui en a fait ce qu’elle est: le Beaujolais Nouveau…

On sent que ça monte, que ça se prépare dans les rédactions des différents journaux. Les journalistes, les blogueurs, les critiques de vins sont sur les starting block!

Le Beaujolais nouveau va sortir, et il faut être prêt.
Prêt à dire ce que tout le monde attend: que c’est pas bon, que ça sent la banane, que c’est pas du vin, etc, etc…

Je suis désolée de leur avoir mâché le travail. Mais on l’entend tous les ans depuis la nuit des temps alors je prends les devants!
et pas besoin d’être journaliste pour dire ça, la preuve, je l’ai dit!

Serait-ce devenu culturel ?
Est-ce qu’on obtiendrait une promotion en faisant un billet bien pourri sur le beaujolais nouveau le plus dégueu que l’ont ait trouvé ?
J’me pose la question…?

Mais faire le choix d’acheter un bon beaujolais nouveau, c’est comme faire le choix d’acheter des bonnes tomates, du bon pain et de la bonne viande, non?

J’ai du mal à croire que celui qui va acheter sa bouteille qui va finir dans l’évier, a fait le bon choix toute l’année en ce qui concerne ses achats de vin?
La seule différence, c’est qu’il n’en parle pas.
Et le fait de dire que le beaujolais nouveau, c’est pas bon, et que ça sent la banane, ça vous fait passer pour un mec bien, qui s’y connait en matière de vin…!

Bref, j’avoue que tout ça me dérange un peu. Parce que derrière chaque bouteille, ici, il y a des hommes et des femmes qui bossent toutes l’année. Et qu’un peu de respect pour leur travail ne ferait pas de mal, même au mois de novembre.

Bien sûr que la chimie me rend malade, que les magouilles oenologiques me donnent la nausée, qu’on n’est toujours pas assez nombreux à travailler en bio… Mais qui sont-ils tous ces gens pour donner des leçons et porter des jugements?

On en connaît tous de ces gens qui vous jugent et vous accusent pour s’excuser de ce qu’ils font eux mêmes.
C’est pas joli joli…

Et puis moi, je suis toujours assez étonnée quand on me dit que le beaujolais nouveau c’est pas bon, parce que j’en ai jamais goûté de vraiment mauvais, au point de le recracher, d’être malade et d’en parler pendant 20 ans…Peut être parce que ces vins là, on évite de les acheter ou de les goûter, comme on ne boit pas de coca cola, qu’on ne mange pas de hamburger à Mac Do, et comme on ne croque pas dans ces pommes bien brillantes qui ont rendues Blanche Neige vraiment malade !

Notre Beaujolais Villages Nouveau, il sortira en même temps que les autres, il sera accusé de sur rendement (alors qu’il est issu de vigne à 35 hecto hectare), il sera accusé de goût de banane (alors qu’il n’est même pas levuré et qu’on n’a même pas de bananier), il sera accusé d’avoir été chaptalisé en excès (alors que son degré naturel ne dépasse pas 11°), il sera accusé de » filer la brûle » (alors qu’il y a 0 soufre et que les raisins étaient bien mûrs). Et peut être même qu’il aura des difficultés à se faire agréer par les professionnels de la profession!
Peut être que vous ne l’aimerez pas, comme peut être vous n’aimeriez pas tous nos vins. Mais ça, c’est pas très grave et ça ne mérite pas un tel acharnement tous les ans à la même époque.
Bref,tout ça pour dire qu’on parle souvent sans savoir. Et qu’il est important de savoir avant de parler et d’écrire!

On peut tout trouver mauvais avec de la mauvaise foi ,un mauvais foie, et un manque d’objectivité.

Il y aura beaucoup de bons beaujolais nouveaux un peu partout en France et dans le monde. Sachez juste les reconnaître!
Beaucoup d’entres vous savent déjà le faire! Dieu merci!

Il reste un vin de plaisir et de partage à un prix tout à fait abordable.
On a bossé dans les vignes comme ceux qui bossent pour élaborer des grands crus. On a taillé, labouré, palisser, cisailler, traiter, bichonner, labourer encore et encore, piocher,couper l’herbe, une fois, deux fois et bien plus, vendanger à la main, vinifier, pris des risques, bref tout ça… pour qu’on nous dise au mois de novembre  « Bon sang, c’est bon quand même le beaujolais nouveau! »
non?

 

et nous sommes bien vivants!
et nous sommes bien vivants!

(Photo prise chez Vivant, à Paris)

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