Je sais donc je suis

Je sais donc je suis

Je n’ai jamais pensé que de ne pas savoir était forcément un signe de non intelligence ou d’incompétence.
Je ne suis pas issue du milieu viticole et il m’a fallu tout apprendre: comment penser, se comporter et comment agir.
J’ai vite compris qu’il ne fallait pas ne pas savoir.
Pourtant je ne comprends pas comment on peut avancer en faisant illusion de tout savoir et en faisant illusion de n’avoir jamais aucun problème.
Le milieu viticole est un milieu où la tradition et le savoir ancestral sont omniprésents.
On échange principalement avec la génération d’hommes qui transmet.
La femme transmet peu ou seulement des fils qui transmettront à leur fils…

Les échanges de vignerons sont souvent des concours de « c’est moi qui ai la plus grande ». La femme en est naturellement exclue, car elle n’a pas « la chance » d’en avoir une… Personnellement, je suis heureuse et fière d’en être privé! J’arrive aisément à réfléchir sans ça.

J’ai pourtant bien souvent remarqué, après coup, qu’on avait tous les mêmes problèmes au même moment. Mais qu’un manque d’échange nous privait de ces informations. Alors, tant bien que mal, on essayait de faire face, seul au monde, aux problèmes qu’on croit être les seuls à avoir. Par malchance, négligence, incompétence etc…
On n’est jamais très fier d’avouer un échec, une erreur, une galère.
Pourtant, échanger serait la seule façon de pouvoir progresser plus vite. De s’informer, d’évoluer et de grandir