Du sexe, du sexisme et du vin dedans

Du sexe, du sexisme et du vin dedans

Il est des sujets tellement rébarbatifs qu’on a tendance à ne plus oser en parler.
Et à ne plus en parler, on les laisse exister tranquillement…
J’ai l’impression que je m’évertue à défendre souvent des causes perdues d’avance…
C’est de cette cause perdue mais pas désespérée (j’ose le croire) qu’est le sexisme présent sur nos étiquettes de vin dont je vais débattre aujourd’hui.

Je vous entends d’ici « ahhh la revoilà à nous saouler avec ces histoires » Mais je serai assez pugnace et défendrai le féminisme tant qu’il y aura du sexisme!



Est-on obligé de faire ce genre de référence dangereuse pour vendre du vin? De continuer à véhiculer des messages qui font penser que la femme aime être violentée, que la femme doit être soumise, que la femme aime être violée par un homme dominant et consentant? Cela s’appelle la culture du viol, et c’est de cette culture dont il est aussi question quand une femme dépose plainte et de cette culture aussi dont il est question quand sa plainte n’aboutit pas parce qu’on estime que ce n’est pas si grave d’être contrainte d’être pénétrée ou d’être battue.

Pourtant quand je mets en cause ce genre d’étiquette, on me fait comprendre que je suis un peu coincée, que le sexe c’est comme ça et que c’était juste une blague potache, que je n’ai pas d’humour et qu’il faut que je pense à changer de métier si je ne sais pas rire de cela…
Euhhhh, comment dire…. J’ai 50 ans et j’aimerais qu’on ne m’explique pas ce qu’est le sexe parce que c’est de l’ordre de mon intimité, que la mienne n’est pas la vôtre et vice versa…

Ce qui me gêne vraiment c’est que c’est toujours et uniquement la Femme dont on va se servir pour illustrer ce genre de propos sexuel. Et que c’est presque toujours d’une façon très vulgaire et plutôt ringarde (si si ,c’est très très ringard).

Je n’illustrerai pas mon article avec ce genre d’étiquette, volontairement.

J’ai l’impression aussi que ça va de plus en plus loin, toujours, et que si on ne dit pas STOP, on devrait avoir, sous peu, des QR codes sur les étiquettes qui nous emmèneront vers des sites porno au milieu des vignes, dans les cuves ou que sais je…

Alors même si ces étiquettes semblent plutôt marrantes d’un premier abord, elles peuvent être dangereuses dans le message qu’elles véhiculent.
Le viol n’est pas une pratique sexuelle, c’est un acte violent, un crime puni par la loi.
La fessée est une pratique sexuelle, si elle est consentie par les 2 protagonistes, or bien souvent sur ces étiquettes, on ne perçoit qu’un seul consentement… celui de l’homme.
Et puis l’alcool là au milieu qui sous entend qu’on puisse abuser de quelqu’un qui serait ivre…

J’ai voulu dénoncer ceci sur Facebook, j’ai été bloquée plusieurs jours « pour avoir enfreins les règles de ce réseau social »…
Alors comme une petite fille qui aurait dit un gros mot, on m’a mise au coin, avec interdiction de parler. Avec la menace d’un blocage plus long si je ne respectais pas les règles à nouveau.
Ainsi, petit à petit, on formate notre façon de nous exprimer et de penser avec une liberté de plus en plus restreinte.
Et comme on est tous plus ou moins addicte, on préfère se plier aux règles, plutôt que de se rebeller…

ça fait flipper non?
J’ai pourtant vu passer des vidéos très violentes d’assassinats ou de passages à tabac sur ce réseau. Des photos ou des vidéos à caractères pornographiques. Sans que ça ne les dérange…
Par contre, quand on publie une photo d’une femme qui allaite, ou que l’on dénonce un peu trop violemment le sexisme en citant le mot « couilles », on est immédiatement bloqué…
Je me dis qu’un jour Facebook me rendra un grand service, celui de me bloquer définitivement parce que je n’aurais pas cessé de vouloir m’exprimer.

Souvent je fais un rêve, celui d’un monde où l’on respecterait les femmes, celui d’un monde où l’on ne violerait plus, où l’on n’agresserait plus, celui où l’on ne verrait plus ce genre d’étiquette, parce que l’homme aurait toute sa conscience.
Et puis je me réveille, me lève, je file aux toilettes, j’allume instagram en préparant mon thé et tout me rappelle que ce n’était qu’un rêve.

Je me rappelle aussi cette table ronde « le sexisme dans le monde du vin » lors de l’évènement Womendowine à Paris l’an dernier, que j’avais animé avec Magali et Marie Isabelle et ce sentiment d’effroi qui m’avait envahi après tous les témoignages (et ceux que j’avais eu en privé ensuite…)


J’en ai assez des étiquettes sexistes qui font, au pire l’apologie du viol et au mieux l’instrumentalisation de la femme comme simple objet sexuel.
Qui font passer un message qu’une femme, si elle a bien bu, sera plus facile à prendre ou à claquer. Et qu’on pourra en disposer comme bon nous semble.

Alors comme c’est difficile pour nous, les Femmes, de nous exprimer sur cette question (soit on nous fait taire, soit on nous empêche de parler, soit on n’ose pas l’exprimer…) j’ai décidé de faire parler mon vin, une cuvée précisément, et une étiquette plus particulièrement.

J’ai eu le temps de lancer un post (avant que l’on me bloque la parole!) :


J’ai eu des dizaines de graphistes qui se sont proposés pour me faire le travail. Et je les en remercie!
Ce soir, j’ai discuté longuement avec Silène et c’est elle que j’ai choisit pour travailler sur mon étiquette. Et je sais qu’on fera quelque chose de bien toutes les 2.

Je sais aussi que vous êtes nombreuses à être derrière moi. J’aime vos messages de soutien! On est plus fortes toutes ensemble!

Mon étiquette sera une réponse à ce sexisme imprégné mais je ne la veux pas vulgaire. Je la veux militante, pleine de force, de mot et de courage (celui qui nous manque souvent pour dénoncer ces choses). Je la veux puissante aussi. J’espère qu’elle sera tout cela.

On me dit que je devrais laisser couler, que je vais me mettre des gens à dos, qu’il vaut mieux rester consensuel quand on fait du commerce.
Alors si je ne peux plus vendre du vin, j’irais faire des fromages de chèvres dans le Larzac!
Je me refuse d’être intimidée! Et je me sens envahie d’un courage déraisonné quand il s’agit de défendre la cause des femmes.

J’espère aussi qu’un jour on n’aura plus besoin de se battre pour ces choses là et qu’on ne dira plus à nos filles qu’on a peur pour elles. Dans ce monde là, du vin. Et dans le Monde tout simplement.

Je ne connais qu’un vigneron capable de jouer sur ce registre sans vulgarité et avec beaucoup d’autodérision. Et c’est un des rares à parler de sexualité masculine de façon plutôt objective!!
Et de plus, les vins sont très bons!
Merci Alban Michel !

(qui me dit à l’oreille qu’il aurait voulu faire une étiquette avec sa « bite » mais que l’étiquette était trop grosse » et qu’il pense à faire des mignonnettes!)






Finement con

Finement con

Ce billet est une suite de questionnements. Parce que je ne sais pas vivre (cette crise) sans me poser des questions…
Je n’ai pas les réponses à mes questions. Ou très rarement.
Je ne veux pas paraître donneuse de leçons, parce que j’en ai tellement à recevoir moi même.
J’aimerais réellement qu’on fasse preuve de plus d’humilité, celle ci même qui manque à notre monde en général.
Tout d’abord, Je me suis demandée pourquoi on lui avait donné ce nom à ce virus.
La grippe espagnole ça lui donnait un p’tit côté olé olé de flamenco.
La grippe de Hong Kong, elle nous faisait voyager.
Mais le Covid19, il a l’air directement sorti d’une soucoupe volante rempli d’Aliens venus dans le seul but de nous exterminer…
——-

Voilà qu’on attaquait la 4ème semaine de confinement.
Notre confinement à nous, j’avoue, est un confinement qui n’est pas trop difficile à vivre. On a une grande maison, un grand jardin, la campagne déserte juste là.
De plus, il fait beau, c’est le printemps. La nature, elle n’est pas confinée. Les arbres sont en fleurs, l’herbe est verte est la vigne commence à pousser doucement.
On serait presque heureux.

Très rapidement, quand le confinement s’est mis en place, on nous a annoncé que Pornhub serait gratuit.
Mais???!!!!
Tu flippais depuis des semaines, tu sentais le truc arriver, t’as le nez dans le caca et qu’est ce que t’apprends? Que Pornhub est GRATUIT!
Le covid19 tourne en boucle sur les réseaux sociaux, à la télé, à la radio, dans les conversations. Ils ne savent pas le guérir, on te dit que des milliers de gens vont mourir…

Et Pornhub est gratuit?
« T’as vraiment envie de te branler devant ton ordi entre 2 annonces coronavirus toi? » (la vulgarité est quelquefois utilisée comme effet de style quand il n’y en a pas… de style)
J’avoue, je suis allée voir. Pornhub. Par curiosité, en me disant, que c’était peut être le début de la fin de mes angoisses insoutenables, va savoir.
Et puis non, ça m’a tout simplement mise très en colère. Parce que je sais que les femmes qui sont dans ces chef d’oeuvres pornographiques sont, pour la plupart, violées et que de jouir devant des scènes de viol, ça n’a jamais été mon truc, et ça ne fera pas passer mes angoisses, bien au contraire… ça me donne juste envie de partir en guerre.
Et que si il y a bien une chose dont je suis sure, c’est que Pornhub ne guérira pas du coronavirus.

Peut être avaient-ils l’intention de nous faire sentir moins seuls. C’était finement con.
Ce confinement brutal nous a, en effet, isolé du reste du monde.
Et rapidement, notre regard sur les gens a changé.
Ils nous font peur maintenant.
Et on fait peur aux autres. Je le vois dans leurs yeux et dans les écarts qu’ils font à ma simple vue, quand je sors exceptionnellement faire des courses.
C’est un drôle de climat qui s’est installé très rapidement. A l’ère du réchauffement climatique, on n’est plus chaud du tout, carrément glacé même!

Alors évidemment, comme vous tous, j’en profite pour faire une introspection. Pas celle qui voudrait que je devienne irréprochable. Les gens trop parfaits sont chiants à mourrir!
Je suis parfaitement imparfaite.

Je me suis rendue compte que tout mon travail des 25 dernières années avait été réduit à néant en quelques jours.
Que j’avais uniquement privilégié un réseau de professionnels: les restaurants, les cavistes et l’export.
Et qu’aujourd’hui, il faudrait qu’on ait un réseau de particuliers pour pouvoir vendre quand tout est fermé. Et ce n’est pas le cas.
Alors je me demande comment on sortira de tout ça. Si on pourra économiquement y survivre… Et si j’aurai vraiment envie de repartir au combat, de remettre en question toutes les questions que je me pose encore.

Il devrait être parti en bulles pour fêter la fin du confinement! #HappyBulles2019
Il devrait être parti en bulles pour fêter la fin du confinement! #HappyBulles2019

Je me suis rendue compte, en grande consommatrice que je suis, que ça ne me manquait pas de ne pas consommer.
Que ça ne me manquait pas de sortir.
Et que pour le moment, la plupart des gens ne me manquait pas.
Qu’on a beaucoup de relation. Qu’elles ne sont finalement que  professionnelles. Et quand il n’y a plus de professionnel, il n’y a plus de relation . Ou assez peu.

Que le solitude est peut quelque chose dont on devrait profiter davantage. Parce que la vie qu’on s’inflige nous prive de réflexion. Et qu’en ne réfléchissant plus, on devient des imbéciles.
On fait les choses machinalement en espérant que les autres auront réfléchit pour nous, sauf que les autres sont dans le même processus de vie que nous. Et qu’ils ne réfléchissent pas plus.
Qu’on attend souvent des conseils de gens qui n’en savent pas plus que nous.

Cette crise nous a fait prendre conscience qu’on n’est pas autonome.

Que notre monde accorde de l’importance à des choses qui ne le sont pas.
Qu’on consomme pour consommer.
Qu’on produit pour consommer. De plus en plus vite.
Et pas juste pour en vivre.
Et que quand on arrête de surconsommer, l’économie s’écroule.

Notre agriculture est bien malade. Mais on ne veut pas l’admettre. Elle ne nous nourrit même plus. On est obligé d’importer ce qu’il faut pour manger. Et nos agriculteurs vivent de subventions et non de produire à manger pour des gens autour d’eux.
On est davantage préoccupé par nos prochaines vacances que par ce qu’on va mettre dans nos assiettes.
On est plus enthousiaste à gagner la coupe du monde de foot que de prendre soin de notre alimentation ou de notre système de santé.
On est un pays soit disant développé, et on n’a même pas un masque pour se protéger.
On est dans les rues sans arrêt pour revendiquer  notre liberté d’expression, pour revendiquer le droit de consommer plus. On ne veut rien changer. On veut continuer à bénéficier de tout parce que ça nous ait du. On veut continuer de ne pas payer les choses à leur prix juste.
On veut plus encore en payant moins.
Pourtant on est libre de rien.
On est dépendant des banques, des firmes chimiques souvent, des lobbies en général, de la Chine.
Et cette crise nous l’a bien confirmée.

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Avant Pâques, c’est le moment de pulvériser les vignes avec la décoction de prêle que nous avons aussi dynamisée. En biodynamie, elle va être utile pour lutter contre les maladies cryptogamiques de la vigne.

Quand on a parlé confinement, beaucoup de gens n’ont eu qu’une seule idée en tête. Fuir de chez eux. De leur maison. Comme si ça allait être insupportable de vivre là où ils ont choisit de vivre à l’année…

Je me suis alors demandé pourquoi ils s’infligeaient de vivre dans ses endroits invivables? Les grandes villes seraient-elles devenues invivables? On y travaille juste, mais on n’y vit pas.

Quand j’étais petite, mes parents qui étaient lyonnais ont quitté Lyon parce qu’ils n’envisageaient pas leur vie en appartement, en ville etc etc.

Ils sont arrivés à Vauxrenard, ma mère a rouvert le bistro de ce petit village de 300 habitants et mon père qui était joaillier a installé son atelier dans une chambre de cette grande maison qui était un hôtel avant qu’ils ne l’achètent.
Ils ne savaient pas s’ils pourraient économiquement s’en sortir, la maison était immense et en très mauvais état. Pourtant ils ont quitté Lyon et un plus ou moins confort financier pour poser leur valise ici, dans un village perdu au fin fond du nord du beaujolais, où personne ne les attendait.
Il y a quelques temps, mon père m’a demandé ce que je pensais avec le recul de cette décision un peu folle qu’ils avaient prise à l’époque. Je lui ai répondu que je n’ai jamais pensé que c’était insensé. J’ai été heureuse dans cette vieille maison (j’y ai eu très peur aussi parce qu’elle était hantée!), et que mon père, même s’il avait pu gagné beaucoup d’argent en travaillant pour des belles marques, a vécu sa vie presque comme il le voulait.

J’ai de grandes discussions avec un de mes fils. Qui se questionne beaucoup. J’essaie de faire en sorte qu’il trouve quelques réponses en le guidant de ma petite expérience. En lui faisant se poser d’autres questions, pour avancer.

J’encourage mes enfants à réaliser leur vie. Pour qu’ils n’aient pas de regret.
Qu’ils fassent pendant qu’il est temps. Je ne veux pas qu’ils se mettent des barrières. Je voudrais qu’ils aspirent à des choses simples qui font qu’ils soient heureux. Et la vie se chargera du reste. Les malheurs arrivent, quoi qu’on fasse.
Vivre, c’est le plus important. Parce qu’on a qu’une vie. Et que bien souvent on se la gâche juste par rapport aux regards des autres. Qu’on essai de se prouver des choses et de prouver des choses aux autres qui n’ont pas d’importance. En tout cas, pas d’importance dans le vrai sens d’une vie.

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On envisage tr!s prochainement de cirer nos bouteilles à la vraie cire d’abeille, parce que la cire pleine de chimie qui pue, ça suffit!

L’essentiel, j’en ai la certitude, c’est de réfléchir, de lire, d’échanger, de se construire, de déconstruire quelquefois pour donner un vrai sens à sa vie. Ouvrir une porte quand on est coincé face à un mur. Bousculer le destin. Se donner la chance d’avancer, de progresser.
Mes enfants sont munis de toutes les clés pour avancer. Je suis sure de ça. Alors j’ai au moins confiance en eux. J’ai voulu qu’ils étudient pour qu’ils puissent se poser des questions. Pour qu’ils puissent comprendre ce que je ne comprends pas.
Parce que c’est eux et ceux de leurs âges qui feront avancer le monde. S’ils sont moins cons que nous.
La plupart d’entre nous, de ma génération, est figé dans de vieilles certitudes qui sont dépassés, qui ne servent plus à rien. Je trouve que les gens de mon âge sont poussiéreux.
Peut être le suis je aussi, mais le problème c’est qu’on ne s’en aperçoit pas…
Quand la poussière a envahi nos yeux et nos esprits…

En attendant… Prenez soin de vous.

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Cire d’abeille des ruches de pépé à Vauxrenard

COVID 19, j’ai peur

COVID 19, j’ai peur

Les hypocondriaques souffrent en ce moment…
Je l’ai été beaucoup quand j’étais gamine.
Un peu plus quand je suis devenue maman.
Et puis depuis que mes enfants sont grands et qu’ils pourraient se débrouiller tous seuls, je le suis un peu moins.  J’essaie surtout de relativiser l’hypocondrie qu’ils ont sans doute héritée de moi!
Et puis j’ai fait une analyse pour essayer de soigner mes névroses! Si ça ne les a pas soigner, ça m’a permis de les comprendre un peu et de mieux comprendre celles des autres!
Alors j’essaie de faire en sorte qu’ils comprennent les leurs! Et de ne pas rajouter de l’angoisse où ils en ont déjà! Ou d’en rajouter là où ils n’en avaient pas!
Tout ça n’est pas facile, ça demande une grande maîtrise de soi, que je n’ai pas toujours!

Voilà qu’on est en train de vivre une Pandémie.
Une grippe pas si grave, mais un peu quand même.
Qui sera grave pour les autres mais pas pour nous, si j’ai bien compris.
Celle qui attaque ceux qu’on ne connait pas, les vieux, les déjà bien malades.
Comme si c’était moins grave pour eux. Et que leur vie était moins précieuse que la nôtre.

J’ai bien compris que ne pas la prendre au sérieux, c’était surtout pour se rassurer soi même…
Que la dérision nous empêchait de paniquer.

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Simone et Nicolas

Simone et Nicolas

Et si, à l’occasion de cette Saint Valentin, je vous racontais une histoire?
Celle de Simone et Nicolas.
La plus jolie des histoires d’amour que je connaisse.

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On est en 1944, Nicolas, fils d’immigrés italien, tombe sous le charme de Simone, fille d’épicier… à la sortie de la messe.
Il ne cesse de penser à elle. Ne pense qu’à revenir à Lyon pour la croiser à nouveau
Il entreprend, au bout de quelques semaines, de lui écrire une lettre.
Avant tout, il décide de demander l’avis de Monsieur le Curé, qui, par chance, ne voit pas d’inconvénient à ce qu’il entre en contact avec elle.
Alors il prend son courage à 2 mains et lui écrit la plus jolie lettre d’amour qui soit.

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Féministe mal baisée

Féministe mal baisée

Aujourd’hui, comme hier, le féminisme n’a pas très bonne presse… auprès de la gente masculine et auprès de celles qui ne veulent pas se mettre la gente masculine à dos.
Et j’ai l’impression qu’il n’y a pas de juste milieu.
On l’est à fond, dans la colère et le mépris des hommes ou on ne l’est pas du tout quite à mépriser celles qui le sont.

Nier le féminisme, ça voudrait faire croire que la femme est l’égale de l’homme en ce qui concerne son statut dans les domaine juridiques, politiques et économiques dans la société. Alors qu’elle ne l’est évidemment pas.
Par exemple, le salaire mensuel d’une femme est inférieur de 24% environ à celui d’un homme et cela, juste parce qu’elle est une femme. Je ne parlerai pas des retraites, des tâches ménagères etc etc…
Les femmes sont également en première ligne des violences sexuelles: 149 femmes sont mortes en 2019 sous les coups de leur conjoints ou ex dans l’indifférence totale (seule quelques associations féministes décident de crier leurs noms haut et fort pour qu’elles existent).

Pourtant, quand on aborde le sujet dans nos milieux professionnels, ça ne semble pas être un problème. Pas pour les hommes en tout cas.
« ces bonnes femmes, toujours en train de se plaindre, de revendiquer des trucs à la con, alors qu’elles ne sont pas si mal loti que ça. Qu’elles s’estiment heureuses ».
Quand tu affirmes ton féminisme, tu passes pour une mal baisée.
Et puis comme t’as pas forcément envie d’étaler ta vie sexuelle à chaque revendication :
-« non, mais moi ça va, je jouis, j’aime baiser, tous les jours même! 
-Tous les jours? vraiment?
-Oui oui, je peux revendiquer du coup?… »
Tu te mets un peu en retrait.

Et puis pour pousser cette réflexion philosophique un peu plus loin: derrière chaque femme mal baisée, il y a souvent un homme qui est concerné!
Alors prudence!

Bref, mon interlude sexuel étant terminé, et qui était juste un prétexte pour capter votre attention, je peux continuer.

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La Calendrier de l’Avin, jour 19

La Calendrier de l’Avin, jour 19

Le calendrier de l’Avin, c’est comme celui de l’Avent mais avec du vin dedans!
J’avais envie de reprendre ma plume électronique cette année et d’y participer!
On m’a dit « toi, ce sera le 19 décembre ».

Evidemment, voilà plusieurs jours que je réfléchis parce qu’il y a quelques vins et vigneronnes dont j’aimerais parler. Mais il faut faire un choix, et celui ci se portera sur 2 vigneronnes avec qui j’ai échangé ces derniers jours! (je n’ai pas su les départager)
Parce que, vous le savez comme moi, le vin, au delà d’un brevage, c’est avant tout des histoires d’amitiés et d’échange. Personnellement, je n’arrive pas à l’apprécier si le vigneron est con (et puis là, tout à coup, ça devient masculin !!). Désolée. C’est mon côté pas du tout objectif que j’assume ou pas…!
Et surtout, j’exige que ce soit cultivé en bio, pas comme bio, ni presque bio, mais vraiment bio. Avec le label, les contrôles et les engagements personnels et professionnels qui vont avec.
Vous me direz que c’est très binaire.
Pas tant que ça…

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Du sol au raisin

Du sol au raisin

Le millésime 2019 est en cave. Une partie en est déjà sortie!
Et je vais vous en conter un peu l’histoire!

Ceux qui nous connaissent et qui sont venus au Domaine visiter les vignes, savent qu’un gros travail a été mis en place.

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Fabien, notre agent parisien, s’imprègne de notre savoir faire!

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Un Président au féminin

Un Président au féminin

Je sais que je n’écris plus beaucoup et on me le fait remarquer!

Que voulez vous que je vous raconte?
Que je vais être mamie encore une fois très bientôt?
Qu’Elodie a réussi l’impossible en finissant l’Ironman de Nice?
Que Rose a eu un accident de voiture hier matin et que j’en tremble encore………..?

Ou que j’ai été élue Présidente de BBB (Bien Boire en Beaujolais) avec Renaud Bodillard, Président lui aussi… ??
Oui, ça vous intéresse, je le sens!

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Ne plus se taire

Ne plus se taire

Quand Elodie m’a appelé ce jour de septembre 2016, pour me dire « maman, j’ai été violée », le monde s’est écroulé sous mes pieds.
J’ai éclaté en sanglots, de rage, de terreur, d’incompréhension, de chagrin, d’impuissance, de culpabilité.
J’en ai voulu à la terre entière.
Je m’en suis voulu à moi même.
De ne rien avoir empêché.
Je m’en veux tellement.
D’avoir fait confiance.
D’avoir éduqué mes enfants à faire confiance.

Je vous ai tous détesté. J’ai refusé qu’on compatisse à ma peine. J’ai refusé qu’on pleure avec moi. Qu’on me touche. Qu’on m’embrasse.
Qu’on essaie de me consoler.

J’ai dit qu’il fallait porter plainte. Pour toi ma fille, pour les autres femmes.
Parce qu’en se taisant, on les encourage à continuer, en toute impunité.
Elodie ne voulait pas, terrorisée, sidérée encore.
Son grand frère a immédiatement pris un billet de train pour Paris, quitté son travail, pour aller la rejoindre, la protéger, quelques jours, le temps qu’elle finisse ce qu’elle avait à faire à son travail.

Et nous sommes allées, elle et moi, à la police, déposer la plainte pour viol. A Paris, cette ville que je déteste depuis ce jour.

Au fil des jours, j’ai réalisé avec effroi l’état de détresse de ma fille. J’ai compris la sidération, le choc post traumatique, l’amnésie traumatique… Et j’ai compris aussi que ce serait difficile de la soigner parce que la plupart des Psy ne disaient pas qu’ils sont incompétents sur ce sujet, et lui faisaient plus de mal que de bien.

Je compare sa blessure à une plaie béante qu’il faudrait recoudre mais sur laquelle les thérapeutes se contentaient de mettre de l’alcool à brûler…

Elle avance dignement dans son combat. Nous sommes très fiers d’elle.
Elle a souhaité sortir de son silence. Parce que se taire, c’est accepter de se sentir coupable quand on est innocente.
Le silence assourdissant de toutes ces femmes me brise le coeur et le corps… Je les comprends et les respecte de toute ma force de femme.  Je voudrais, à toutes, leur prendre la main et les accompagner vers la parole, celle qui libère, parce que le chemin est tellement difficile…

Je vous laisse lire ce qu’elle a écrit, au fil des mois, lignes par lignes pour exorciser ses douleurs.

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Je vous laisse aussi prendre connaissance de la cagnotte qu’elle a mis en place, suite à un non-lieu qui nous laisse sans voix après des mois et des mois d’instruction: alors que le Procureur avait rendu un réquisitoire en faveur d’Elodie, la Juge a occulté des mois d’enquête, des témoignages accablants et ce fameux réquisitoire pour rendre un jugement digne de la belle culture du viol à la française.

Elodie a fait appel. Elle a aujourd’hui besoin d’un soutien, au delà du soutien familial.
Parce que la cause des femmes, et les violences qui leur sont faites sont des sujets qui lui tiennent à coeur. A moi aussi.

Parce que la Honte doit changer de camp.

Je suis fière de ma famille: de son Père, ses frères, Valentin et Thomas, de sa petite soeur Rose, de Camille et Lily, et de Charles présent pour elle chaque jour.
Tous ensemble, nous avons formé une bulle protectrice où elle sait qu’elle peut se recroqueviller quand c’est trop difficile pour elle toute seule.
Et merci à celles et ceux qui nous écoutent.

Libérer la parole c’est bien, encore faut-il que les gens sachent l’accueillir…

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Vite achetée, vite à jeter

Vite achetée, vite à jeter

Voilà plusieurs jours que je me parle, à moi, toute seule. Et que je me dis que je ne vais pas répondre.
Suite à l’interview de Yann Moix qui fait débattre les femmes de 50 ans et plus et même celles qui s’en rapprochent!

Yann Moix, bientôt 51 ans, déclare être «incapable d’aimer une femme de 50 ans […]. Je trouve ça trop vieux. Quand j’en aurai 60, j’en serai capable. 50 ans me paraîtra alors jeune».
Cette attirance amoureuse est-elle un rejet?

Même pas. «Ça ne me dégoûte pas, ça ne me viendrait pas à l’idée. Elles sont invisibles. Je préfère le corps des femmes jeunes, c’est tout. Point. Un corps de femme de 25 ans, c’est extraordinaire. Le corps d’une femme de 50 ans n’est pas extraordinaire du tout.»

Je ne sais pas si je dois être en colère ou lasse, ou les 2 en même temps.
J’ai un regard plutôt cynique sur le monde. Sur ma condition de femme et ma place dans ce monde, sur ma légitimité. Sur le regard qu’on porte sur les femmes: les hommes sur les femmes et les femmes sur les femmes.

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