Millésime 2018

Millésime 2018

Je sors de ce millésime un p’tit peu cabossée.
Mais heureuse qu’il soit enfin rentré.
C’est un peu contradictoire: on voudrait que le temps s’arrête quelquefois sur des moments importants et délicieux mais on est impatient souvent qu’il soit passé, pour panser d’autres choses.

J’ai regardé les publications sur les vendanges sur les réseaux sociaux et j’avais l’impression d’être au pays des bisounours! C’était réconfortant. A celui qui postait la plus belle photo de ses plus beaux raisins! C’est assez drôle quand on essaie de prendre le recul nécessaire pour en rire.

Mais je sais ce que je vis au moment où je poste une mine réjouie sur ces fameux réseaux!
Ceux-ci nous ont appris cette chose extraordinaire: paraître heureux et sourire à pleine dent, même quand on est triste à mourir! Parce que les gens n’ont que faire de ton malheur, ils doivent s’occuper du leur. Par contre ton bonheur, il l’espère contagieux.

Petite Lily

Petite Lily

Quoi qu’il puisse arriver en 2018 (parce qu’on n’est pas encore au bout, et que tout peut arriver encore, et que je ne voudrai pas nous porter la poisse. Alors si je me réjouis un peu c’est juste histoire de me réjouir un peu mais qu’on ne prenne pas ça pour de l’inconscience où je ne sais quoi et que là haut on ne se sente pas obligé de me punir à grand coup de grêlons, juste parce que je me suis réjouis un peu trop tôt!………… fin  de l’apparté ) , ça restera un millésime qui aura marqué mon esprit.

raisin

Camille et Thomas nous avait promis un beau bébé pour le 14 Juillet (même si elle devait arriver autour du 23, ils se disaient que le 14 c’était une jolie date qu’on devrait se rappeler sur nos vieux jours quand on perdrait un peu la tête).

Cierges VS filets paragrêles

val Cierges VS filets paragrêles

Voilà plusieurs années qu’on y réfléchit.
Qu’on en a marre de travailler pour rien.
Qu’on en a marre de s’entendre dire : « c’est comme ça, on n’y peut pas grand chose. »

La grêle est devenue presque mon pire ennemi.
Je la déteste.
Et j’ai l’impression qu’elle me nargue, tous les ans un peu plus.
Ou peut être que je ne la supporte plus, ou moins qu’avant.

#beaujonomie

#beaujonomie

Beaujonomie-by-Beaujolais-fb2T’en penses quoi, toi, de la Beaujonomie? C’est une question qu’on me pose depuis quelques temps…

Parce que j’ai une tête à comprendre les concepts les plus abstraits, sûrement.

Pourquoi a-t-on a besoin de créer des concepts?
En beaujolais, on a inventé  la « Beaujonomie« .
Un concept gaulois sorti tout droit des écoles de commerce.

J’ai d’abord fait celle qui ne comprenait pas ce que ça voulait dire. Je m’imaginais en bonne vigneronne, joufflue, toujours de bonne humeur, le rire gras et communicatif.
La Beaujonomie quoi.
Alors on m’a dit: « mais non, c’est quand tu manges du saucisson avec ton verre de beaujolais ».
ha.
La Beaujonomie donc.

Le vin en question #JulesChauvet

Le vin en question #JulesChauvet

L’autre soir, c’était Théatre et le thème: Jules Chauvet et « Le vin en question ».
Au lycée Bel Air, le lycée de Yohan, notre apprenti depuis presque 2 ans.
Ils étaient chargés, Thibault et lui, de faire un travail de communication sur cet événement.
Mission réussie. La salle était bien remplie.
Bravo aussi aux comédiens qui ont rendus accessibles à tous, un début de réflexions réservées souvent à quelques uns.

27545068_10208584889260098_8948654314041697124_n

Les travaux et les réflexions de Jules Chauvet semblent à priori n’intéresser qu’une majorité de vignerons…bio…
Il  serait pourtant intéressant de débattre et d’échanger avec des vignerons qui ont une vision différente de la nôtre.

Jusque là, je ne me suis jamais vraiment intéressée  à Jules Chauvet, j’avoue.
Je ne sais pas trop pourquoi. Peut être parce que souvent, j’entends des vignerons qui s’y réfèrent… Juste pour se donner de l’importance. Que j’avais l’impression que c’était le pote à tout le monde et que si t’avais pas été pote avec lui, c’était un peu la loose.

Quoi?………… t’as pas connu Jules Chauvet?

Meilleurs voeux 2018

Meilleurs voeux 2018

Je vous adresse tous mes voeux pour cette nouvelle année!
Parce que:
1. ce n’est pas ringard
2. ça me fait plaisir
3. c’est maintenant ou jamais
4. si je le  fais pas, je sens bien que vous allez me faire la tronche

Vous y engloberez ce que vous voudrez: la santé, si ça vous chante, l’argent si ça peut faire votre bonheur, la gloire s’il vous en manque un peu, la beauté parce que ça ne mange pas de pain, et l’amour parce que oh oui, oh oui, oh oui.

Prenez soin de vous, de nous, de tous.
Continuez d’être qui vous êtes.
Parce qu’être les autres, c’est trop compliqué.

Soyez sincères même dans vos mensonges.
Soyez forts même quand vous n’avez plus de force.
Souriez quand vous êtes triste.
Pleurez des larmes de bonheur.

Chantez, dansez,
et buvez maintenant!

542239_4679990171290_1521369544_n

 

 

Vis ma vie de vigneronne

Vis ma vie de vigneronne

Il y a quelques semaines, j’ai fait le plus grand voyage de ma vie!
15 h d’avion et une destination qui  en fait rêver plus d’un: Los Angeles!

24991429_10212953842434353_2402637914739063964_n

J’avoue, j’avais un peu la trouille.
D’abord de l’avion. Tu ne sors pas indemne de 15 heures de vol!
Ensuite du décalage horaire: 9h dans un sens et 9h dans l’autre. La bas,quand tu te lèves, ici ils finissent la journée. Tu ne sais plus quel jour et quelle heure il est. A 20h, t’as l’impression qu’il est 4 h du mat, que t’as fait la fiesta toute la nuit et tu veux juste aller te coucher!
A 4h du mat, t’es fraîche comme un gardon, et tu peux discuter avec la famille qui entame sa soirée en France (qui eux, ne sont pas du tout étonnés que tu sois déjà debout car ils ne sont pas encore couchés!)

#balancetonporc et après

#balancetonporc et après

J’ai toujours montré mon soutien et pris parti sur des affaires de viol et agressions sexuelles. Parce qu’il faut que la honte change de camp et que la parole se libère.

Pourtant, depuis quelques jours, je me sens mal à l’aise.
Suite au déferlement de #balancetonporc sur les réseaux sociaux.

J’ai peur qu’on mélange tout: viols, agressions sexuelles, harcèlement de rue, drague lourdingue, drague tout court.

J’ai  peur qu’on banalise par la  parole quelque chose qu’on a banalisé depuis des décennies par le silence.

O ‘rage

O ‘rage

Quand la vigne commence à pousser, on commence, nous, à stresser. Parce qu’elle est là, sans casque, fragile, à la merci des intempéries.
Le fait qu’on stresse ne change pas grand chose, je vous l’accorde mais c’est dans la nature humaine d’avoir peur pour ce et ceux qu’on aime.
Et moi, je suis d’une nature assez…humaine, même si je ne comprends pas la majeure partie des êtres humains.

On a peur à chaque orage annoncé par la météo. On se rassure en se disant qu’elle se trompe souvent tout en allumant un cierge, au cas où elle ne se trompe pas. On reste méfiant, faut pas déconner non plus.
Les orages passent, on sert les fesses, on se dit qu’on n’est passé pas loin. Quelquefois, y a bien quelques grêlons qui font un peu de mal, mais on se rassure en se disant qu’il reste encore de bien beaux raisins et que si le ciel s’en tient là, on s’en contentera et on s’en estimera même bienheureux, comme Alexandre.

Et puis le fameux orage arrive. Celui qu’on attend depuis que la vigne a débourré.
Qu’on attend sans attendre, qu’on redoute plus qu’on attend, tout en sachant qu’il arrivera. Et en se disant que si on est épargné, ce sera vraiment un coup de chance.
Ce n’est pas un coup de malchance que d’être touché par un orage de grêle, c’est plutôt un coup de chance que de ne pas l’être.

20604245_1850073538336445_910229986908589097_n
Après la grêle, on dynamise la tisane de valériane pour pulvériser sur les vignes

Non, c’est Non

Non, c’est Non

Le monde du vin nature se trouve confronté à une sale affaire. Les langues se délient. Et on voit les gens sous leur vrais visages. Pas très chouette quelquefois, d’ailleurs… Mais des visages qui ne gênent pas plus que ça bien souvent.

Tout cela fait la joie des anti-nature. C’est de bonne guerre. Mais ce ne sera pas le propos de mon billet.

Agressions sexuelles, harcèlements sexuels et moraux dans une « célèbre » cave à Paris (que je ne connais pas et dont je n’ai vraiment entendu parlé que lorsque Emma, une des victimes, s’est confiée à moi, il y a quelques mois). Plusieurs victimes. Des plaintes déposées depuis des années. 2011.

Je me pose la question depuis quelques jours sur la starification qui sévit dans ce petit milieu.
Parce qu’on sait que les viols ou agressions sexuelles n’ont rien à voir avec des histoires de sexe, de flirts, ou d’amour (comme on veut nous le faire croire), qu’il s’agit uniquement d’une domination d’un homme sur une femme , d’un désir d’humilier, d’une jouissance de prendre sans s’assurer d’un consentement. Il n’y a qu’à entendre leur défense quand ils sont accusés. Il n’y a que du mépris. On ne méprise pas une  femme qu’on a aimé ou avec qui on a flirté. Je veux m’en persuader.
Doit-on se comporter comme des animaux?

chien-flairant-vulve