Finement con

Ce billet est une suite de questionnements. Parce que je ne sais pas vivre (cette crise) sans me poser des questions…
Je n’ai pas les réponses à mes questions. Ou très rarement.
Je ne veux pas paraître donneuse de leçons, parce que j’en ai tellement à recevoir moi même.
J’aimerais réellement qu’on fasse preuve de plus d’humilité, celle ci même qui manque à notre monde en général.
Tout d’abord, Je me suis demandée pourquoi on lui avait donné ce nom à ce virus.
La grippe espagnole ça lui donnait un p’tit côté olé olé de flamenco.
La grippe de Hong Kong, elle nous faisait voyager.
Mais le Covid19, il a l’air directement sorti d’une soucoupe volante rempli d’Aliens venus dans le seul but de nous exterminer…
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Voilà qu’on attaquait la 4ème semaine de confinement.
Notre confinement à nous, j’avoue, est un confinement qui n’est pas trop difficile à vivre. On a une grande maison, un grand jardin, la campagne déserte juste là.
De plus, il fait beau, c’est le printemps. La nature, elle n’est pas confinée. Les arbres sont en fleurs, l’herbe est verte est la vigne commence à pousser doucement.
On serait presque heureux.

Très rapidement, quand le confinement s’est mis en place, on nous a annoncé que Pornhub serait gratuit.
Mais???!!!!
Tu flippais depuis des semaines, tu sentais le truc arriver, t’as le nez dans le caca et qu’est ce que t’apprends? Que Pornhub est GRATUIT!
Le covid19 tourne en boucle sur les réseaux sociaux, à la télé, à la radio, dans les conversations. Ils ne savent pas le guérir, on te dit que des milliers de gens vont mourir…

Et Pornhub est gratuit?
« T’as vraiment envie de te branler devant ton ordi entre 2 annonces coronavirus toi? » (la vulgarité est quelquefois utilisée comme effet de style quand il n’y en a pas… de style)
J’avoue, je suis allée voir. Pornhub. Par curiosité, en me disant, que c’était peut être le début de la fin de mes angoisses insoutenables, va savoir.
Et puis non, ça m’a tout simplement mise très en colère. Parce que je sais que les femmes qui sont dans ces chef d’oeuvres pornographiques sont, pour la plupart, violées et que de jouir devant des scènes de viol, ça n’a jamais été mon truc, et ça ne fera pas passer mes angoisses, bien au contraire… ça me donne juste envie de partir en guerre.
Et que si il y a bien une chose dont je suis sure, c’est que Pornhub ne guérira pas du coronavirus.

Peut être avaient-ils l’intention de nous faire sentir moins seuls. C’était finement con.
Ce confinement brutal nous a, en effet, isolé du reste du monde.
Et rapidement, notre regard sur les gens a changé.
Ils nous font peur maintenant.
Et on fait peur aux autres. Je le vois dans leurs yeux et dans les écarts qu’ils font à ma simple vue, quand je sors exceptionnellement faire des courses.
C’est un drôle de climat qui s’est installé très rapidement. A l’ère du réchauffement climatique, on n’est plus chaud du tout, carrément glacé même!

Alors évidemment, comme vous tous, j’en profite pour faire une introspection. Pas celle qui voudrait que je devienne irréprochable. Les gens trop parfaits sont chiants à mourrir!
Je suis parfaitement imparfaite.

Je me suis rendue compte que tout mon travail des 25 dernières années avait été réduit à néant en quelques jours.
Que j’avais uniquement privilégié un réseau de professionnels: les restaurants, les cavistes et l’export.
Et qu’aujourd’hui, il faudrait qu’on ait un réseau de particuliers pour pouvoir vendre quand tout est fermé. Et ce n’est pas le cas.
Alors je me demande comment on sortira de tout ça. Si on pourra économiquement y survivre… Et si j’aurai vraiment envie de repartir au combat, de remettre en question toutes les questions que je me pose encore.

Il devrait être parti en bulles pour fêter la fin du confinement! #HappyBulles2019
Il devrait être parti en bulles pour fêter la fin du confinement! #HappyBulles2019

Je me suis rendue compte, en grande consommatrice que je suis, que ça ne me manquait pas de ne pas consommer.
Que ça ne me manquait pas de sortir.
Et que pour le moment, la plupart des gens ne me manquait pas.
Qu’on a beaucoup de relation. Qu’elles ne sont finalement que  professionnelles. Et quand il n’y a plus de professionnel, il n’y a plus de relation . Ou assez peu.

Que le solitude est peut quelque chose dont on devrait profiter davantage. Parce que la vie qu’on s’inflige nous prive de réflexion. Et qu’en ne réfléchissant plus, on devient des imbéciles.
On fait les choses machinalement en espérant que les autres auront réfléchit pour nous, sauf que les autres sont dans le même processus de vie que nous. Et qu’ils ne réfléchissent pas plus.
Qu’on attend souvent des conseils de gens qui n’en savent pas plus que nous.

Cette crise nous a fait prendre conscience qu’on n’est pas autonome.

Que notre monde accorde de l’importance à des choses qui ne le sont pas.
Qu’on consomme pour consommer.
Qu’on produit pour consommer. De plus en plus vite.
Et pas juste pour en vivre.
Et que quand on arrête de surconsommer, l’économie s’écroule.

Notre agriculture est bien malade. Mais on ne veut pas l’admettre. Elle ne nous nourrit même plus. On est obligé d’importer ce qu’il faut pour manger. Et nos agriculteurs vivent de subventions et non de produire à manger pour des gens autour d’eux.
On est davantage préoccupé par nos prochaines vacances que par ce qu’on va mettre dans nos assiettes.
On est plus enthousiaste à gagner la coupe du monde de foot que de prendre soin de notre alimentation ou de notre système de santé.
On est un pays soit disant développé, et on n’a même pas un masque pour se protéger.
On est dans les rues sans arrêt pour revendiquer  notre liberté d’expression, pour revendiquer le droit de consommer plus. On ne veut rien changer. On veut continuer à bénéficier de tout parce que ça nous ait du. On veut continuer de ne pas payer les choses à leur prix juste.
On veut plus encore en payant moins.
Pourtant on est libre de rien.
On est dépendant des banques, des firmes chimiques souvent, des lobbies en général, de la Chine.
Et cette crise nous l’a bien confirmée.

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Avant Pâques, c’est le moment de pulvériser les vignes avec la décoction de prêle que nous avons aussi dynamisée. En biodynamie, elle va être utile pour lutter contre les maladies cryptogamiques de la vigne.

Quand on a parlé confinement, beaucoup de gens n’ont eu qu’une seule idée en tête. Fuir de chez eux. De leur maison. Comme si ça allait être insupportable de vivre là où ils ont choisit de vivre à l’année…

Je me suis alors demandé pourquoi ils s’infligeaient de vivre dans ses endroits invivables? Les grandes villes seraient-elles devenues invivables? On y travaille juste, mais on n’y vit pas.

Quand j’étais petite, mes parents qui étaient lyonnais ont quitté Lyon parce qu’ils n’envisageaient pas leur vie en appartement, en ville etc etc.

Ils sont arrivés à Vauxrenard, ma mère a rouvert le bistro de ce petit village de 300 habitants et mon père qui était joaillier a installé son atelier dans une chambre de cette grande maison qui était un hôtel avant qu’ils ne l’achètent.
Ils ne savaient pas s’ils pourraient économiquement s’en sortir, la maison était immense et en très mauvais état. Pourtant ils ont quitté Lyon et un plus ou moins confort financier pour poser leur valise ici, dans un village perdu au fin fond du nord du beaujolais, où personne ne les attendait.
Il y a quelques temps, mon père m’a demandé ce que je pensais avec le recul de cette décision un peu folle qu’ils avaient prise à l’époque. Je lui ai répondu que je n’ai jamais pensé que c’était insensé. J’ai été heureuse dans cette vieille maison (j’y ai eu très peur aussi parce qu’elle était hantée!), et que mon père, même s’il avait pu gagné beaucoup d’argent en travaillant pour des belles marques, a vécu sa vie presque comme il le voulait.

J’ai de grandes discussions avec un de mes fils. Qui se questionne beaucoup. J’essaie de faire en sorte qu’il trouve quelques réponses en le guidant de ma petite expérience. En lui faisant se poser d’autres questions, pour avancer.

J’encourage mes enfants à réaliser leur vie. Pour qu’ils n’aient pas de regret.
Qu’ils fassent pendant qu’il est temps. Je ne veux pas qu’ils se mettent des barrières. Je voudrais qu’ils aspirent à des choses simples qui font qu’ils soient heureux. Et la vie se chargera du reste. Les malheurs arrivent, quoi qu’on fasse.
Vivre, c’est le plus important. Parce qu’on a qu’une vie. Et que bien souvent on se la gâche juste par rapport aux regards des autres. Qu’on essai de se prouver des choses et de prouver des choses aux autres qui n’ont pas d’importance. En tout cas, pas d’importance dans le vrai sens d’une vie.

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On envisage tr!s prochainement de cirer nos bouteilles à la vraie cire d’abeille, parce que la cire pleine de chimie qui pue, ça suffit!

L’essentiel, j’en ai la certitude, c’est de réfléchir, de lire, d’échanger, de se construire, de déconstruire quelquefois pour donner un vrai sens à sa vie. Ouvrir une porte quand on est coincé face à un mur. Bousculer le destin. Se donner la chance d’avancer, de progresser.
Mes enfants sont munis de toutes les clés pour avancer. Je suis sure de ça. Alors j’ai au moins confiance en eux. J’ai voulu qu’ils étudient pour qu’ils puissent se poser des questions. Pour qu’ils puissent comprendre ce que je ne comprends pas.
Parce que c’est eux et ceux de leurs âges qui feront avancer le monde. S’ils sont moins cons que nous.
La plupart d’entre nous, de ma génération, est figé dans de vieilles certitudes qui sont dépassés, qui ne servent plus à rien. Je trouve que les gens de mon âge sont poussiéreux.
Peut être le suis je aussi, mais le problème c’est qu’on ne s’en aperçoit pas…
Quand la poussière a envahi nos yeux et nos esprits…

En attendant… Prenez soin de vous.

Cire d'abeille des ruches de pépé à Vauxrenard
Cire d’abeille des ruches de pépé à Vauxrenard

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