il faut mourir un jour…

La mort c’est la vie… C’est des conneries de vivant ça. Des conneries de gens qui sont en vie, qui ont peur de la mort et qui essaient de s’en convaincre.
La mort c’est pas la vie. C’est la mort.
Moi ça me fout la trouille. De mourir et de ne pas savoir où je vais. Savoir que j’irai vers le Rien, ça m’angoisse.
Moi ça me fout la trouille. La mort des autres. De ceux qu’on aime. Parce qu’on ne les verra plus… plus jamais.

Je repense à ce médecin qui nous a rassemblé hier pour nous dire qu’il n’y avait plus rien à faire. Que la maladie était bien trop grave et qu’il fallait s’y résoudre. Des questions qu’on a posé. Sur un taux de potassium dont tout le monde a l’air de se foutre aujourd’hui… Des réactions d’impuissance des uns et des autres. Des larmes que l’on retient pour rester digne mais on s’en fout de la dignité dans ces moments là. Des larmes que l’on ne retient pas parce qu’on ne peut plus les retenir. Et puis des blagues que l’on se dit pour se faire sourire quand même. On rit de peur. On pleure parce qu’on est vivant.

Il était arrivé à l’hôpital la veille dans l’espoir d’avoir cette foutue chimio qui peut être le soulagerait comme elle l’avait soulagée une fois ou deux mais sans grand espoir quand même. Mais cette chimio ne sera jamais. Elle ne sert à rien de toute façon. Elle n’aura jamais servi à rien d’ailleurs…Depuis tous ces mois…

Alors je ne sais pas s’il accepte cela comme une fatalité qui était inévitable. S’il a peur. S’il est soulagé qu’il ne souffrira plus ?
J’ai peur qu’il ait peur et qu’il ne le dise pas pour ne pas nous faire de peine.

Je lui ai demandé pour me rassurer: « ça va aller? ». Il m’a dit  » oh oui… »

C’est du papa de Bruno dont je vous parle. De nous aussi.
On est évidemment très triste.

Hier soir, j’ai demandé à Bruno qu’il ne meure jamais. Il m’a dit d’accord.
Alors je suis soulagée… Parce que j’ai encore plus peur de sa mort que de la mienne…

2 Commentaires

  1. Les mots sont vains dans ces circonstances.
    Nous attendons aussi la même issue pour le papa de ma compagne.
    On ressent toute l’impuissance du monde à vaincre cette putain de maladie puis on remonte le moral avec les moyens du bord.
    Ce qu’il nous reste, c’est de profiter de chaque minute de vie supplémentaire qui lui est offerte pour ne rien regretter et surtout lui dire et redire encore tout notre amour.
    Se souvenir des belles choses …
    Olivier

    1. Merci Olivier pour ce petit mot. Evidemment toutes mes pensées aussi pour vous. La mort est la seule chose qui n’épargne personne. Et qui nous affecte tous de la même façon. J’avais besoin de l’écrire parce que j’ai plutôt tendance à me renfermer dans ces cas là. Bruno avait besoin de me lire et de pleurer aussi car ses larmes étaient prisonnières de son coeur. merci encore. Affectueusement.

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