Facebook m’a tué, Twitter m’a ressuscité!

En ce moment, je lis et j’écoute… ce qu’on raconte sur les vins natures… sur les vignerons natures… ça jase sur les réseaux sociaux…
On me dit que si on parle de toi, c’est que t’es un peu connu et que tu suscites l’intérêt.
Y a certains vignerons qui doivent avoir les oreilles qui sifflent à longueur de jour et de nuit…

On parle bien souvent sans savoir.
On juge rapidement.
Y a quelqu’un qui a dit que…
Sans même poser la question aux vignerons eux-mêmes.
Faut dire que si la question était posée, la discussion serait vite arrêtée et… ce que les gens aiment, bien souvent, c’est la polémique.

Alors, nous autres, vignerons, on ne sait plus trop quelle attitude prendre.


Soit on en dit trop et on le regrette vite.
Soit on n’en dit pas assez et les autres vont raconter le reste.
Chaque vigneron a ses motivations et son histoire.

Bien sûr que le vigneron qui fait rêver c’est celui qui n’a pas de tracteur, qui a 3 hectares, qui bouffent les racines de son jardin, qui boit l’eau de son puits , qui livre ses quelques bouteilles avec son vélo et qui tricote ses pulls avec la laine de ses moutons, qui a l’électricité quelques heures par jour, qui n’a pas d’Iphone et internet…
Bien loin de la vie parisienne… c’est certain…
Vous vivriez comme ça vous?
Oui, dans les rêves…
Mais après, faut pas déconner…

On est souvent aussi très critique et intransigeants concernant les vignerons qui ont une activité de négociants… vinificateurs ou pas.
Pas facile d’assumer ce statut.
On est fliqué par la répression des fraudes et par les douanes parce qu’on est susceptibles de tricher plus que les autres (je vois pas bien pourquoi…), on est montré du doigt par les vignerons qui sont juste vignerons parce qu’on n’est plus dans la vraie éthique du vigneron et par quelques consommateurs qui remettent en cause la crédibilité de ce statut.

Alors effectivement, nous avons une activité de négociant… et même négociant vinificateur.
Je veux que ce soit du négoce Haute Couture, c’est la raison pour laquelle je me suis entourée de vrais vignerons, respectueux de l’environnement. C’est une véritable collaboration.
Je peux concevoir que ma Haute Couture ne plaise pas à tout le monde, mais je ne peux pas concevoir qu’on mette en doute notre intégrité.

Notre production ne nous permet pas d’en vivre, pas encore.
Le Domaine est en pleine restructuration.
Nous avons pas mal arraché.
Nous plantons 1/2 hectares par an.
Notre passage en bio, il y a 15 ans a été fait de façon archaïque, sans reflexion, sans accompagnement et nous avons fait des erreurs que nous essayons de corriger aujourd’hui.
8,5 hectares, ça occupe à plein temps. Mais avec une production entre 15 et 20 hectolitres à l’hectare, c’est loin de rapporter un vrai salaire.
Certaines auraient décidé de compléter le salaire en partant travailler ailleurs. Moi, j’ai voulu rester là en faisant ce que je savais faire.
Ce n’est pas plus compliqué que ça.

Les cuvées du Domaine sont: Le Moulin à vent, le Poquelin, l’Epreuve, le Côte de la Molière, La Molière en Sauvignon, Mon Blanc des Molières, le Beaujolais Villages Nouveau et une Bulle à venir (Domaine des côtes de la Molière, Isabelle et Bruno Perraud). Ici, TOUS les vins sont sans soufre, et non filtré.
Les cuvées de notre activité de négoce sont: Le Bourgogne Aligoté, le Saint Véran, Le Pouilly Fuissé, le Morgon, le P’tit Poquelin et une partie des Beaujolais Villages Nouveaux (Maison B. Perraud). Ici quelques cuvées sont sulfités légèrement et filtrés. Mais la grande majorité d’entre elles sont sans soufre et non filtré.

Je ne bois ni ne mange n’importe quoi. Alors juste par respect pour nous, qui buvons nos vins… nous ne faisons pas n’importe quoi!

J’avais très envie de mettre les choses au clair depuis quelques jours.
Il m’en fallait trouver le courage et les bons mots pour le dire.
C’est chose faite!

Je remercie bien évidemment tous nos clients pour leur confiance et leur compréhension envers nos vins bien souvent capricieux!

 

8 Commentaires

  1. Magnifique, superbe, j’adore !! C’est très très bon comme petite mise au point, d’autant plus si elle était nécessaire. Le vigneron est avant tout un homme. Et pour revenir sur les conditions de travail de notre métier, j’invite quiconque a venir passé une journée (ca devrait suffire à calmer les ardeurs) à tailler sous la pluie par 4°C, tel que fut le temps aujourd’hui. Moi-même j’ai fauter, j’ai tailler avec mon sécateur électrique que j’ai sans doute recharger toute la nuit grâce a une centrale nucléaire. Je m’en excuse. Mais il y a un moment ou il faut admettre que le vigneron a aussi besoin de confort. Dejà qu’on rigole pas tous les jours, alors si en plus on doit se faire « chier la bite » pour répondre a un idéal bouseux, j’arrête le métier. Le progrès avance, et quoiqu’il en soit, on avance aussi.
    Et soyez en certain, des margoulins il y en a partout. Par contre en général, ils ne servent pas gîte et couvert, ne vous ouvre pas les portes de la cave,….

  2. Isabelle, tu as mille fois raison, et tu as très bien fait de mettre les points sur les « i ». Même si je pense que tu n’avais aucune raison de te « justifier », de t’expliquer; mais parfois ça fait du bien de dire les choses.

    Sans l’activité de négoce, un grand nombre de vignerons auraient disparus aujourd’hui. Et d’ailleurs, sans le négoce en général, des appellations entières auraient disparues. Que ceux / celles qui ont mis en doute ton intégrité s’occupent un peu plus de leurs fesses et foutent la paix aux honnêtes gens ! Bises et courage.

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