Une affaire de femmes

Souvent, j’écris, et je ne publie pas.
Alors vous croyez que je n’écris pas.
Vous vous méprenez.

En ce moment, on entend beaucoup parler de sexisme, de culture du viol, de viol.
C’est enfin une bonne chose.
Peut-être est-ce moi qui suis plus sensible?
Sûrement.
Quoi qu’il en soit, je lis, j’écoute, je vis, je subis, je réagis.
Le monde va mal.
Sans faire du catastrophisme.

Si vous êtes une femme. Vous l’avez sûrement remarqué, peut être même vécue.
Alors si vous êtes une femme, soutenez au moins les autres femmes.
Si vous êtes une mère, soutenez votre propre fille.

Le viol et  l’agression sexuelle sont des crimes presque parfaits. Parce qu’on les assimile à du sexe. Que le sexe est tabou et qu’il fait parti de l’intimité.
Qu’on imagine que la femme aime être brutalisée. Qu’on imagine que la femme va éprouver du plaisir.
Alors la femme se tait. Culpabilise. Alors qu’elle a subit une agression des plus traumatisantes. Dans le sens du traumatisme profond.

Quand une des premières réaction sera  » t’as vu aussi comment elle était habillée! »

Doit-on, en tant que femme, envisager ce que pourrait penser un prédateur ? Et en conclure comment il faudrait que l’on s’habille, que l’on se comporte pour ne pas provoquer la violence.

Je ne crois plus aux pulsions sexuelles.
Désolée.
C’est une excuse qui n’est pas crédible.

Non, ça veut juste dire non.

Géraldine me rappelait cet extrait, à la fin de Captain Fantastic : c’est un des très très rares moment de cinéma où un père dit à son fils sur le départ, pour vivre sa vie et devenir un homme : « sois doux avec les femmes, et même si tu n’es pas amoureux traites la avec respect ».
Ou quand l’éducation ne se résumerait qu’à de très simples consignes…

On confond désir, plaisir avec violence, agression, domination.
Ce n’est pas la même chose.
Dans le viol, il y a le plaisir de l’agresseur à dominer la victime. La dominer par la taille, la force, l’argent, le pouvoir, l’intimidation, et j’en passe…
Dans une relation sexuelle, il y a le plaisir et le désir de partager ensemble quelque chose, de façon équitable.

J’ai du mal à comprendre pourquoi le viol est un acte minimisé.
Tant et si bien que la victime a du mal à mettre des mots sur ce qui lui est arrivé. A du mal à aller porter plainte. De peur de n’être pas cru. Qu’on lui dise que c’est sa faute si c’est arrivé. Que ce n’est pas si grave. Et comme souvent la mémoire est anesthésiée. Pour pouvoir survivre à l’agression. Le récit alors est moins pire que la réalité. Par omission inconsciente.
Alors contrairement à ce que l’on pense, ce n’est pas parce qu’elle ne veut pas raconter le viol.

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Et puis la justice est lente. Très très lente. Pourtant être reconnue comme étant une victime, légalement, ça fait parti de la guérison, peut être. Plus personne n’aura à redire. Que c’était bien un viol. Ils ont pourtant bien souvent du mal à le reconnaître et nombre d’affaire sont classées sans suite.

L’agresseur peut retourner à sa vie d’homme bien.

Parce que les viols dans les parkings sous terrain, la nuit, quand y a personne. C’est juste dans les films ça. La plupart des victimes connaissent leurs agresseurs. Ont confiance. D’où la difficulté de se retrouver en position de plaignante. Il est évidemment beaucoup plus facile de porter plainte contre un inconnu, que d’accuser un vieux pote ou un parent ou un ami de ceux-ci.

Alors, ces derniers temps, j’ai été très choquée par quelques affaires médiatisées, comme l’affaire Hanouna où une femme est agressée sexuellement à l’antenne, devant un public et des chroniqueurs. Que personne n’a rien dit. Qu’on a minimisé l’affaire parce que la victime avait … des gros seins.
Comme s’il y avait 2 sortes de femmes: celles qu’on a le droit d’agresser et les autres. Ou pour résumer, toutes les femmes seraient autorisées à se faire violer sauf ta femme et ta fille…

Très choquée également par l’affaire Flavie Flament. Et par les réactions de ses proches qui mettent encore en doute sa parole, qui minimisent le fait qu’elle ait été violée à 13 ans… Comment une maman peut-elle soutenir le violeur de sa propre fille et mettre en doute la parole de celle-ci?

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Heureusement, des femmes se battent pour nos droits, pour une prise en charge efficace après le viol et aussi pour que la loi soit respectée. Je pense évidemment à Muriel Salmona, psychiatre. Elle est la fondatrice en 2009 de l’association Mémoire traumatique et victimologie, organisme d’information et de formation destinées aux victimes de violences dont elle est l’actuelle présidente.
Et évidemment toutes les associations comme le collectif féministe contre le viol, osez le féminisme

Je hais ce silence oppressant qui règne autour du viol.
Oui… je le hais.

 

3 Commentaires

  1. Bonjour, je prends connaissance maintenant seulement de l’article, désolée. Pour rebondir sur vos propos je suis dans cette même « dynamique » et bio de longue date ;), Le vin est au cœur de mes centres d’intérêt depuis plus de 16 ans (c’est Michel Grisard qui m’a filé ce bon virus!). J’en ai fait mon métier (wine guide) et je suis maintenant aussi enseignante dans un lycée viticole….) mais la défense des droits des femmes et militer à leurs côtés est au centre de ma vie. Merci d’avoir écrit pour Elles, pour aussi pour Eux, pour l' »humain » que nous sommes sur cette belle Terre à préserver. Pour info l’association Regard de Femmes à Lyon , http://www.regardsdefemmes.fr / Regards de Femmes | Facebook, est très active (aussi auprès des institutionnels pour informer et faire agir…) et organise chaque mois une rencontre « Café Regards de Femmes » échange/débat sur une thématique avec un invité. Au plaisir de re-déguster vos vins! Bien cordialement, Françoise

    1. Bonjour et merci de votre message. et merci aussi pour l’info sur Regards de femme. Je vais m’y interresser de très près.
      Merci encore, bien à vous, isabelle

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