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O ‘rage

Quand la vigne commence à pousser, on commence, nous, à stresser. Parce qu’elle est là, sans casque, fragile, à la merci des intempéries.
Le fait qu’on stresse ne change pas grand chose, je vous l’accorde mais c’est dans la nature humaine d’avoir peur pour ce et ceux qu’on aime.
Et moi, je suis d’une nature assez…humaine, même si je ne comprends pas la majeure partie des êtres humains.

On a peur à chaque orage annoncé par la météo. On se rassure en se disant qu’elle se trompe souvent tout en allumant un cierge, au cas où elle ne se trompe pas. On reste méfiant, faut pas déconner non plus.
Les orages passent, on sert les fesses, on se dit qu’on n’est passé pas loin. Quelquefois, y a bien quelques grêlons qui font un peu de mal, mais on se rassure en se disant qu’il reste encore de bien beaux raisins et que si le ciel s’en tient là, on s’en contentera et on s’en estimera même bienheureux, comme Alexandre.

Et puis le fameux orage arrive. Celui qu’on attend depuis que la vigne a débourré.
Qu’on attend sans attendre, qu’on redoute plus qu’on attend, tout en sachant qu’il arrivera. Et en se disant que si on est épargné, ce sera vraiment un coup de chance.
Ce n’est pas un coup de malchance que d’être touché par un orage de grêle, c’est plutôt un coup de chance que de ne pas l’être.

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Après la grêle, on dynamise la tisane de valériane pour pulvériser sur les vignes

Non, c’est Non

Le monde du vin nature se trouve confronté à une sale affaire. Les langues se délient. Et on voit les gens sous leur vrais visages. Pas très chouette quelquefois, d’ailleurs… Mais des visages qui ne gênent pas plus que ça bien souvent.

Tout cela fait la joie des anti-nature. C’est de bonne guerre. Mais ce ne sera pas le propos de mon billet.

Agressions sexuelles, harcèlements sexuels et moraux dans une « célèbre » cave à Paris (que je ne connais pas et dont je n’ai vraiment entendu parlé que lorsque Emma, une des victimes, s’est confiée à moi, il y a quelques mois). Plusieurs victimes. Des plaintes déposées depuis des années. 2011.

Je me pose la question depuis quelques jours sur la starification qui sévit dans ce petit milieu.
Parce qu’on sait que les viols ou agressions sexuelles n’ont rien à voir avec des histoires de sexe, de flirts, ou d’amour (comme on veut nous le faire croire), qu’il s’agit uniquement d’une domination d’un homme sur une femme , d’un désir d’humilier, d’une jouissance de prendre sans s’assurer d’un consentement. Il n’y a qu’à entendre leur défense quand ils sont accusés. Il n’y a que du mépris. On ne méprise pas une  femme qu’on a aimé ou avec qui on a flirté. Je veux m’en persuader.
Doit-on se comporter comme des animaux?

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La Vigne de mon Père

Pour le millésime 2016, de nouvelles cuvées ont vu le jour.
Aujourd’hui, c’est d’un Moulin à Vent dont je vais vous conter l’histoire!
En 2006 nous avions repris la succession de la vigne du père de Bruno à Moulin à Vent, sur Romanèches Thorins.
(ne pas confondre avec notre parcelle que nous avions acheté en 1993, sur les hauteurs de Chénas).
Nous avons dû l’arracher car elle n’a pas supporté le passage en bio. Nous l’avons replantée petit à petit.

Elle produit depuis quelques années mais nous n’en faisions pas une  cuvée à part entière.
En 2016, malgré la grêle, nous avons eu envie de la vinifier seule. C’est une vigne plutôt précoce que nous vendangeons bien avant nos autres parcelles. Une petite récolte mais de jolis raisins.

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Je sais donc je suis

Je n’ai jamais pensé que de ne pas savoir était forcément un signe de non intelligence ou d’incompétence.
Je ne suis pas issue du milieu viticole et il m’a fallu tout apprendre: comment penser, se comporter et comment agir.
J’ai vite compris qu’il ne fallait pas ne pas savoir.
Pourtant je ne comprends pas comment on peut avancer en faisant illusion de tout savoir et en faisant illusion de n’avoir jamais aucun problème.
Le milieu viticole est un milieu où la tradition et le savoir ancestral sont omniprésents.
On échange principalement avec la génération d’hommes qui transmet.
La femme transmet peu ou seulement des fils qui transmettront à leur fils…

Les échanges de vignerons sont souvent des concours de « c’est moi qui ai la plus grande ». La femme en est naturellement exclue, car elle n’a pas « la chance » d’en avoir une… Personnellement, je suis heureuse et fière d’en être privé! J’arrive aisément à réfléchir sans ça.

J’ai pourtant bien souvent remarqué, après coup, qu’on avait tous les mêmes problèmes au même moment. Mais qu’un manque d’échange nous privait de ces informations. Alors, tant bien que mal, on essayait de faire face, seul au monde, aux problèmes qu’on croit être les seuls à avoir. Par malchance, négligence, incompétence etc…
On n’est jamais très fier d’avouer un échec, une erreur, une galère.
Pourtant, échanger serait la seule façon de pouvoir progresser plus vite. De s’informer, d’évoluer et de grandir

L’Essence des Vins

Maintenant, il est temps de se poser.
D’ouvrir une bouteille de Beaujolais Villages Blanc 2016.
Celui qu’est tout trouble et qui vous fera le même effet.

Vous avez 45 mn pour apprécier, prendre le temps, écouter, savourer, profiter.
Tous les stades de la dégustation. Timide d’abord. Qui vous imprègne ensuite. Et se révèle enfin.
Cliquez ici pour écouter.
(Merci @lePolyson pour cette belle réflexion autour de notre vin )

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AG comme Assemblée Générale

J’ai assisté à la première Assemblée Générale de L’inter Beaujolais.
J’ai cru que j’allais m’ennuyer à mourir.
Pas du tout!
J’étais avec la petite délégation de BBB (Bien Boire en Beaujolais). Toute seule, je n’aurai pas osé y aller.
ça m’a un peu rappelé les réunions de syndicat viticole de mon village (avec plus de monde). J’y suis allée une fois ou deux, il y a très longtemps.

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Qui suis-je?

J’ai été une des première, j’avoue, à mettre beaucoup d’enthousiasme dans les réseaux sociaux. Parce que j’y trouvais des gens avec qui parler, échanger. Parce que je pouvais parler de nous et de notre travail. Je n’ai pas vu, j’avoue aussi, la dérive que cela pourrait occasionner.
A vouloir se rapprocher les uns des autres, on s’est juste rapprochés de soi et éloignés de l’estime qu’on avait pour les autres. On est devenu hyper narcissique. Amoureux de l’image qu’on renvoyait aux autres. Addict aux commentaires bienveillants qu’on fait sur nous. Si quelqu’un se permet de ne pas nous aimer, on peut l’éliminer sur le champ! Hop, je bloque, je ne te vois plus, tu ne viendras plus nuire à mon narcissisme aigu.
Bref, il est temps de revenir sur la Terre.
On ne peut pas pénétrer dans l’intimité des gens, comme ça. Et on ne peut pas ouvrir notre intimité aux autres, sans qu’il n’y ait des dégâts.
Serions nous devenus tous des névrosés? et souffririons nous de pathologie de l’intimité? Evidemment, on ne place pas tous le curseur de l’intime au même niveau. Ce qui est intime pour soi ne l’est pas forcément pour l’autre. Alors on peut être ainsi plus ou moins choqué de l’exhibition de l’intime d’autrui..

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La violence n’est pas un acte d’amour #saintvalentin

La saint Valentin célèbre les couples et l’amour, mais en 2017, il est encore question de violence et de viol.
Quand une femme est victime de violence et meurt sous les coups de son conjoint, on appelle ça un crime passionnel. Une façon d’enjoliver les choses. De trouver des excuses au meurtrier. Parce que c’est plus beau de tuer par amour que de tuer parce qu’on est violent et un meurtrier.
Quand on homme viole une femme, on met ça sous le compte d’un excédent d’hormones qui a fait qu’il n’a pas pu se retenir…

« Il y a une glamourisation, une érotisation des violences faites aux femmes, qui entretient l’idée qu’il s’agit d’amour. On ne voit pas le sang couler quand on en parle de cette façon.  »

Pour éviter cela, il faudrait que les femmes en parlent. Mais souvent elles se taisent, parce qu’on les affligerait de remarques du genre « elle l’a bien cherché ».

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#womendowine

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Les années passent et rien ne change. Au fil des réseaux sociaux, les langues se délient. Les personnes qui n’osaient pas faire un commentaire sexiste ou déplacé de vive voix dans la vraie vie, se lâchent un peu sur le net. C’est l’endroit idéal où l’on peut avouer pour qui l’on vote, comment on baise, qui on aime et qui on déteste, se dévoiler homophobe, raciste, sous le couvert de l’humour souvent, ou sous le couvert de rien du tout parfois.

En tant que femme, quand il s’agit de propos sexistes, soit tu interviens pour montrer un peu de désaccord et tu passes pour une féministe mal baisée, soit tu te marres et tu passes pour la gourde de service qui n’a rien compris.

Sur le net, il y a aussi plein de gens intelligents! évidemment. De ceux dont on fait partis, vous et moi! Ne nous flagellons pas non plus!!